samedi 6 mai 2023

La minute passe sur les épaules de ta voix de Geneviève Catta

 


Geneviève Catta possède la discrétion de la tourterelle au sous-bois. J’avais bien apprécié son recueil de nouvelles Souffles paru en 2021 chez Le Lys Bleu.

Animatrice d’ateliers Les mots, la vie. Elle tient un blogue du même nom. 

La revoici en 2022 chez Pierre Turcotte Éditeur dans la collection Magma Poésie avec le très beau recueil intitulé La minute passe sur les épaules de ta voix où la perte amoureuse s’exprime finement en quatre chants.

On est ici en présence d’une femme seule, à la suite d’une rupture ou d’un deuil. Toutes les options sont de l’ordre du possible. Tout est en demi teintes. On marche avec elle. À la lecture, il me venait à l’esprit des chansons piano-voix de Véronique Sanson et de Juliette Armanet. « Ce que j’ignore – réparer l’amour » donne le ton du recueil entre attente et réminiscences du passé par les objets, quand le souvenir creuse l’absence au cœur et dans les plis des draps. Le spleen prend toute la place en bordure de plage ou de clairière.

L’écriture de Geneviève est un rideau de dentelle traversé par la lumière. Je vous souhaite ce rendez-vous avec ses mots.

Extraits : 

« le chagrin pointait l’entaille infime

douleur drue

mon sang perlait

et

goutte à goutte

bocal renversé

image fracturée

le cœur a fuit »

 

« il suffit de se que

le vide effarouche la lente sente

petits crocs de verdure

à la base du corps

cordons de feuilles

et de fleurs aveugles »

 

© Billet, photo, sauf les extraits de Geneviève Catta, Denis Morin, 2023

 

 


samedi 29 avril 2023

Tu me rappelles un souffle de Robert Lalonde et Jonathan Harnois

 


Quand un homme de lettres arpente depuis si longtemps les planches et les fibres du bois communique avec un jeune prodige en soif de reconnaissance, ça donne inévitablement une rencontre inoubliable.

Le premier rassure le deuxième sur son don et le deuxième stimule le verbe du premier. On est dans le partage en toute authenticité où les egos sont remisés au vestiaire. Tout se dit, se vit ouvertement.

Tu me rappelles un souffle, correspondance en quatre saisons de Robert Lalonde et Jonathan Harnois chez Boréal, est de l’ordre de Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke. Si j’étais professeur de littérature, je glisserais ces deux ouvrages comme lectures obligatoires.

On cherche toujours à comprendre la nature de l’écriture, les raisons qui nous poussent à nous exprimer et à révéler les notes de notre musique intérieure à l’écoute et au regard des autres. 

Un délice, cette correspondance ! Invitez ces deux auteurs au salon ou à votre table. 

Extraits : 

« Les mots dardent des confins. Grâce à eux nous savons honorer la complexité. Grâce à eux nous avons des mains capables de casser le cou de l’aliénation. Et alors la solitude devient vents d’aube et nuits d’or liquide. » JH

« L’habitude d’écrire peut empêcher d’écrire – tout comme l’habitude de s’y risquer, tu le sais. Eh bien, sache que, depuis toi, je ne compose plus de la même manière, ne rédige plus de la même façon, me fie davantage à ma mémoire imaginante... » RL


© Photo, billet sauf les extraits de JH et de RL, Denis Morin, 2023

 


samedi 22 avril 2023

La poésie m'inspire de Ginette Bernard St-Pierre

 

Ginette Bernard St-Pierre alias Fleur de mer mène sa vie sans tambour ni trompette. Autrice des Basses-Laurentides, elle vient de faire paraître aux Éditions Le Baladin, un recueil de biopoésie intitulé La poésie m’inspire. J’ouvre la couverture comme on débute un parcours en poésie et en prose avec une préface de la poète Diane Boudreau. 

Ce livre se divise en différents segments, selon les étapes de son existence. On y découvre une enfant espiègle et attentive aux autres, dès un jeune âge.

En fait, tout l’enchante. Elle possède une grande capacité d’émerveillement et une candeur dès l’enfance. Son style est agréable à lire, accessible, plein d’espérance en la vie. Dotée d’une saine curiosité, tout l’intéresse. Elle voit le côté lumineux des choses et des êtres. Cette attitude au bonheur se perçoit tout au long du livre.

À un certain poème, Un cœur à l’endroit, un cœur à l’envers, j’entendais marmonner ma mère et ma grand-mère paternelle, lorsqu’elles tricotaient et comme je les trouvais habiles de pouvoir retourner les mailles dans un sens comme dans l’autre.

Ginette Bernard St-Pierre tourne justement les événements et les mots sous un jour lumineux.

On peut se procurer ce recueil aux Éditions Le Baladin. Je vous encourage à le lire.


Extrait :

« Des instants de joie

Lors d’une jolie promenade

Souvenir d’enfant

Rêverie heureuse

La réjouissance m’a comblée

Dans le temps présent

Des petits pas sourds

Voyageant tranquillement

Feront de grands pas. »

 

© Photo, texte du billet, sauf l’extrait de Ginette Bernard St-Pierre, Denis Morin, 2023


dimanche 16 avril 2023

3 de Franck Antunes

 

Franck Antunes, je l’ai repéré depuis un certain temps chez JDH Éditions, ce confrère d’écriture, logeant à la même enseigne, beau gosse qui joue du mystère.

En 2021, j’ai commandé sa trilogie 3, D(i)eux, Une. Souffrant d’une légère procrastination et d’une contemplation de mes piles à lire, je me suis dit qu’il me faudrait tôt ou tard amorcer la lecture de cette trilogie à rebours.

Ainsi, j’ai plongé dans l’opus 3 ! J’en suis encore soufflé par l’érudition de l’auteur au style inclassable. Ici, il nous présente Léo Giraux, cadre dans une société dont le principal dirigeant narcissique souhaite le virer. Léo use de ruse et s’en tire plutôt bien pour éloigner l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de sa tête. Le narrateur entrecroise des réflexions sur le monde des affaires et la présentation de ses auteurs préférés.

Constat et verdict : ouvrage brillant mené par un maître pédagogue ! 

Franck Antunes me donne une double envie : le lire pour savourer sa fougue créatrice et replonger dans le corpus littéraire des auteurs proposés.

Vivement Antunes !

Extrait :

« J’aimerais écrire comme on crée une autre réalité, plus probable que le quotidien, une réalité qui nous concernerait plus. Écrire dans une urgence, comme une nécessité, comme un coup de pied au temps qui passe, une bourrade à la grande faucheuse. »

 

© Photo, texte du billet, sauf l’extrait de F. Antunes, Denis Morin, 2023


samedi 8 avril 2023

Voyage le long du crépuscule de Christian Legault

 

Ouvrir un livre, c’est toujours s’exposer à de nouveaux univers et connaître la créativité d’une nouvelle plume. Je termine la lecture du roman Voyage le long du crépuscule de Christian Legault publié en 2022 aux Éditions Hello.

Les hasards de la vie font en sorte que je fus informé du fait qu’il réside dans ma région. Nous sommes presque voisins. Il a pris le beau risque d’être édité en France plutôt qu’au Québec.  

Un chargé de cours au Québec subit les foudres de l’administration de l’université pour son humour qui déplaît en cette ère de wokisme. Il décide de se rendre à Paris pour rencontrer d’anciens collègues d’études et présenter des conférences.

Durant son séjour parisien, il rencontrera furtivement l’amour au Café de Flore où rode encore le souvenir de Sartre et de Beauvoir.

Ce roman atypique fait bien des clins d’œil et est pourvu de moultes pistes de réflexion sur le savoir à haut niveau, Paris, la mort, le Québec coincé par un rythme trop lent, l’histoire, la mythologie et à la Grèce.

J’ai aimé l’écriture raffinée, l’érudition et le cynisme de l’écrivain. C’est intense et dense. Je ne voulais pas refermer ce livre. Voyons de quelle nature sera le prochain opus. Christian Legault n’a pas dit son dernier fort heureusement.

À découvrir.

Extrait :

« Nous allons à Delphes, même si ce n’est plus le centre du monde. Nous visitons son site archéologique, parlons à sa pythie à la langue coupée, puis nous finissons cette journée en escaladant les chemins vallonnés du mont Parnasse, des chemins où l’herbe drue a été broutée par les béliers des montagnes. »

 

© Texte du billet, sauf l’extrait de C. Legault, Denis Morin, 2023; photo, Éditions Hello, 2022.

 

 

 

 

 

 

 


samedi 1 avril 2023

Cailloux et perles de Diane Boudreau

 

Chaque livre de Diane Boudreau est un événement en soi. Issue du monde des arts et de celui de l’enseignement, elle est aussi conférencière sur Félix Leclerc. Cette fois-ci, elle nous arrive avec Cailloux et perles avec une sympathique narratrice Marie Cadet-Soucy.

Les cailloux sont les pépins, les ennuis, les échecs rencontrés sur le parcours de la narratrice. Vous aurez deviné que les perles sont les réussites, les moments de grâce et de magie qui se pointent le bout du nez à l’occasion.

Ce livre se lit le temps d’une soirée, mais quel délice ! C'est comme un partage de confidences. J’ai été porté par le souffle de l’autrice qui, soit dit en passant, est l’une des plus belles plumes au Québec, même si elle est d’une discrétion et d’une humilité.

À lire pour la beauté des faits et des gestes. J’en recommande la lecture à ceux et celles qui doutent et qui sont à la croisée des chemins dans leur vie. Des citations bien choisies appuient les propos de la narratrice.

Pour vous procurer ce livre, on peut joindre Diane Boudreau via Facebook.

Pour l’instant, je lui offre ce billet, cette bille et ces boutons de nacre en périphérie des perles.

Extrait :

« Le dimanche suivant, dès les premières lueurs de l’aube, Marie s’installe seule dans le silence de sa demeure. Elle griffonne, rature, laisse monter en elle, ligne après ligne, ce qu’elle vit chaque mercredi soir, après sa journée d’enseignante, lorsqu’elle retrouve les choristes. »

 

© Photo, texte du billet, sauf l’extrait de Diane Boudreau, Denis Morin, 2023

 


vendredi 31 mars 2023

Ce que je sais de toi d'Éric Chacour

 

Ce que je sais de toi est le premier roman écrit par Éric Chacour et publié en 2023 chez Alto à Québec.

Au Caire, Tarek suit les traces de son père. Il sera médecin. Il soigne autant les citoyens à l’aise que les pauvres. Son empathie l’y pousse. Il se mariera comme bien d’autres le font par tradition et amour.

Mais qu’en est-il lorsqu’un être nous trouble, nous séduit, provoque des rumeurs à notre endroit au point de fuir vers Montréal ? Et même en exil, reste-t-on au fond toujours le fils, le frère, l’amoureux, le toubib de quelqu’un, celui dont on tait le nom lors d'un repas ?

Durant une bonne partie de la lecture, j’ai voulu deviner l’identité de la voix narratrice qui explique les tourments de Tarek le proche intime égaré dans quelques arpents de neige, sans toutefois y parvenir. Cela fait partie du charme de ce livre.

Et j’ose humblement vous dire que quand un bouquin déclenche mon envie d’écrire et m’embue le regard, c’est vraiment un excellent signe. Ce fut le cas.

Un écrivain est né. Mektoub.

Extrait :

« Je te vis dans l’embrasure de la porte. Tu sortis. Je m’approchai de toi pour te demander mon chemin. Les mots se bousculèrent dans mon esprit. Tous voulaient t’atteindre mais aucun ne sortit. Tu me repoussas violemment. Tu courais presque. Tu ne te retournas pas. Tu disparus. »

 

© Photo, texte du billet, sauf l’extrait d’Éric Chacour, Denis Morin, 2023


dimanche 19 mars 2023

M., de Alain Cadéo

 

Quand les étoiles sont bien alignées, ça donne des histoires dignes d’un roman ou d’un film. Pensons à un écrivain né en la Saint-Sylvestre qui va à la rencontre d’une médiatrice culturelle ayant vu elle aussi le jour la même année et le même jour.

Puis, plus tard, l’amour ayant fait son nid et les petits ayant grandi, l’écrivain Alain Cadéo a voulu nous partager son admiration de Martine, la compagne, l’amante, la mère, l’ange gardien. Cela donne le livre M. publié en 2023 chez Les Cahiers de l’Égaré avec en couverture ce mystérieux portrait de Martine peint par Michel Cadéo, le frangin jamais trop loin.

Étant un admirateur de ce Jean-Louis Trintignant des lettres habitant dans le Var, je reconnais en ce livre son plus bel écrit. C’est émouvant à souhait et Martine le mérite si bien. L’écriture est tellement sensible que j’ai eu l’impression de lire un texte écrit par une femme. Sublime, vous dis-je !

Maintenant, passons à un double défi que je lance à l’écrivain, A) un livre de fiction à quatre mains avec son frère Michel; B) un conte inspiré de ses enfants. Je me croise les doigts à présent.

Pour M., c’est à lire absolument !

Extraits :

« Tu as me semble-t-il la texture et l’envol des grands oiseaux de mer. Tous les courants ascendants te sont favorables et mort à ceux qui ont voulu, qui veulent ou voudraient t’alourdir. »

« Et un jour j’étais là, dans le faisceau de tes phares, contre un platane bleu-vert, au cœur d’une ville. Et tu m’as vu, mais vraiment vu, au gramme près et moi je te vois toujours, vingt ans plus tard, au millimètre près, telle que tu as sans doute toujours été, telle que tu seras, telle que tu es. Et je me dis que c’est un sacré rendez-vous celui qui abolit le Temps. »

 

© Photo, billet, sauf les extraits d’Alain Cadéo, Denis Morin, 2023


dimanche 12 mars 2023

Le poids des choses ordinaires de Lise Demers

 


Lise Demers avait au préalable écrit trois romans publiés chez Lanctôt éditeur avant de se lancer dans Le poids des choses ordinaires, roman qui donnera le ton aux Éditions Sémaphore qui célèbrent justement en 2023 le 20e anniversaire d’existence.

Quatre comparses voudront cacher un événement peu glorieux de leur passé. Des décennies plus tard, la notoriété leur tombera en quelque sorte dessus. Catherine sera comédienne, Édouard son cousin sera militant, Vincent jouera le ministre et Marceau dirigera une chaire d’études sur le patrimoine. En fait, ce roman à la prose efficace et mordante dénonce les manipulateurs et les exploiteurs de notre société.

Une conférence de presse ébranlera-t-elle les certitudes et fera-t-elle tomber les masques, à l’heure où l’éminent universitaire devait être honoré pour sa longue carrière ?

Qui savait quoi ? Jusqu’où un tel tirait les ficelles ? C’est d’un machiavélisme dramatique et tordu. Je suis étonné par l’actualité de ce livre qui n’a pas pris une ride vraisemblablement.

Je soupçonne Lise Demers, autrice et éditrice, d’être très lucide. Et ça lui sied si bien.

À lire pour Lise Demers. À découvrir aussi la poésie de Gilles Hénault, tout comme le catalogue de cette maison qui favorise la littérature à caractère social.

Extrait :

« Les mollusques n’en veulent pas de ta vérité. Ils désirent la tranquillité, la paix des loisirs et des voyages organisés, la tendreté des steaks sur BBQ, une automobile d’entretien facile et de bonnes émissions de télévision l’automne et l’hiver. Ils ne tiennent surtout pas à entendre parler de problèmes. Ils élisent le gouvernement pour qu’il les règle et ils me donnent carte blanche pour que je les camoufle par des amusements. »

 

© Photo, texte du billet, sauf l’extrait de Lise Demers, Denis Morin, 2023

 

 

 


dimanche 5 mars 2023

Femme fleuve de Anaïs Barbeau-Lavalette

 

Lire du Anaïs Barbeau-Lavalette relève de la surprise et de l’étonnement. On est sous l’emprise d’une écriture épurée et envoûtante. J’avais beaucoup aimé La femme qui fuit (sur sa grand-mère maternelle, Suzanne Meloche, poète et peintre) et Femme forêt. Voici qu’elle récidive toujours chez Marchand de feuilles avec Femme forêt.

Ce roman oscille la fiction et la biographie. Donc, nous nageons pour la troisième fois dans la bio-fiction. Le fleuve, c’est bel et bien le fleuve Saint-Laurent où la narratrice se choisit et vit des parenthèses sentimentales et sensuelles avec un peintre installé sur une île obsédé par le bleu, celui des eaux, celui du ciel. La narratrice revient tôt ou tard vers son homme et leur fille.

Ce livre traite du désir assumé au féminin, des êtres aimés comme autant de conquêtes et de paysages qui s’ouvrent à notre iris, des liens qui se nouent et se dénouent, de la vie qui s’écoule en eaux des rivières qui filent vers des envies d’estuaire.

L’horizon, c’est l’homme derrière soi. L’horizon, c’est aussi l’homme vers qui on va. Les amours sont plurielles et intenses. Aucun temps pour le regret. Tout est assumé.

À lire évidemment.

Extraits : 

« Tu m’as déjà dit que, pour peindre une vague, tu devais la voir comme une apparition. Épouse le regard de l’enfant sur le monde pour bien l’écrire, pour bien le peindre. Pour le vivre neuf. » 

« Il ne s’agit pas d’un coup de foudre. Il s’agit d’une rencontre. Elle ne s’explique pas; elle est une texture poétique qui s’empare de nos corps. »

 

© Photo, texte du billet, sauf les extraits d’Anaïs Barbeau-Lavalette, Denis Morin, 2023


Les larmes du désert de Alain Maufinet

 

Alain Maufinet possède un style qui séduit le gamin et l’adulte en moi. Dans ce nouvel opus Les larmes du désert paru en 2023 dans la collection Magnitudes chez JDH, l’auteur nous sert une autre ambiance comme dans Le chant des brisants sorti antérieurement dans la même collection. D’ailleurs, j’ai déjà écrit un billet sur ce roman qui m’avait beaucoup plu.

Voici que Ronan, un Français de condition moyenne rêveur et nomade dans sa tête, décide qu’il est temps pour lui de visiter les confins sud du Sahara. Sahel, il arrive. Il débarque au Mali en bon touriste naïf qui se voit kidnapper par un groupe. S’agit-il de militaires corrompus ou des trafiquants prenant leur revanche par la cocaïne sur les pays impérialistes ? Sera-t-il exécuté faute de paiement d’une rançon ? Et si cet homme devait être sauvé par Yasmine, une femme mystérieuse, cette amazone qui gère sa vie ?

L’intérêt de ce roman réside en ces deux niveaux de lecture. Vous avez une histoire d’aventure à la Bob Morane. Ça bouge et ça décoiffe, puis finement notre auteur nous susurre des réminiscences. Voilà que Ronan repense aux femmes de sa vie. Ces femmes le hantent et il accepte cette mélancolie. Les images et les ambiances collent à son esprit comme autant de cartes postales de villages d’antan visités et de lieux abandonnés. Et si on était sauvé par l’amour ?

Un roman à lire absolument. Le roman d’action avec un filigrane le roman d’amour. Bravo, on adore !

Extrait : 

« Ronan attend un développement qui ne vient pas. Il doit se contenter de légendes anciennes qui épousent des histoires modernes. Elles ressemblent à celles d’autres peuples sous d’autres cieux. Yasmine s’immobilise pour le fixer. Elle s’approche à le toucher. La flamme mauve de son regard l’enveloppe. »

 

© Couverture du livre de Yoann Laurent-Rouault, texte du billet, sauf l’extrait de Alain Maufinet, Denis Morin, 2023