Certains personnages littéraires me fascinent depuis longtemps comme Yves Navarre, Umberto Eco pour l’Europe et plus près de nous, Anne Hébert ou Gabrielle Roy. Cette dernière a été l’objet d’intérêt de Monique Proulx dans son magnifique roman Le bien ne fait pas de bruit paru chez Boréal.
Le bien ne fait pas de bruit est une superbe histoire d’amitié entre Margaret Myre, une célèbre écrivaine, et la voisine, l’humble Flora. Derrière le paravent de la fiction, on voit se profiler les ombres de Gabrielle Roy et de Berthe Simard à Petite-Rivière-Saint-François dans Charlevoix.
Margaret Myre se réfugie dans un chalet des semaines entières en été surtout où elle exige la tranquillité pour écrire son Œuvre. La dévouée et admirative Flora Ste-Marie rend maints services qui vont de l’entretien du chalet jusqu’à l’écoute des confidences. Elle prépare souvent de succulents repas pour l’artiste bourgeoise si soucieuse de son bien-être. L’époux médecin est à peine toléré par la romancière lors de ses visites-éclairs. L’artiste a besoin de vastitude, d’espaces aussi grands que les plaines des Prairies de son enfance et de liberté aussi étendue qu’un fleuve aux eaux d’un bleu-gris semblable à ses yeux. Seule la présence de Flora et les feuilles blanches à remplir de mots l’apaisent vraiment. Tout le reste n’a aucune importance ou si peu.
Le mérite de ce livre au-delà de son écriture lumineuse et tendre est de nous montrer ce qu’il coûtait en retraits volontaires et en silence imposé pour cette légende littéraire connue et reconnue au Canada d’une mer à l’autre.
Monique Proulx, romancière, nouvelliste et scénariste, sait raconter des histoires avec des êtres attachants qui portent en eux des zones de lumière et de ténèbres.
Extrait :
« Aujourd’hui, c’est
jour de balançoire. Margaret est contente, la semaine continue de sourire à l’écriture
et son roman clopine à petits pas mais clopine tout de même, et puis ne
sont-elles pas heureuses comme des petites filles à se voir et échanger en
toute simplicité comme elles le font en ce moment ? »










