Aucun message portant le libellé Mario Cyr. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Mario Cyr. Afficher tous les messages

vendredi 11 octobre 2019

Couleur de l'âme de Mario Cyr



La poésie fait son entrée en 2019 chez Annika Parance Éditeur avec Couleur de l’âme de Mario Cyr.

Mes impressions sont les suivantes : Fragments d’enfance, de vie. Temps volé à la quiétude/à l’inquiétude, aux jours (mal)heureux où il ne se passait rien ou si peu, au point où les choses, les êtres se disent et s’écrivent en une économie de mots. Touches impressionnistes se dévoilant à mon iris.

La beauté et la laideur se côtoient, l’ordinaire peut créer l’émoi, nourrissant la pensée du poète comme de son lecteur, car il suffit d’ouvrir vraiment les yeux et d’aller au-delà de l’apparence anodine de la réalité. 

Justement pour aller au travers des mots, j'ai l'habitude de relire deux, trois fois un recueil pour me laisser porter par l'imaginaire présenté. J'ai beaucoup apprécié. Merci au poète.

Extraits :

« le ruissellement
des disparus la liste
messe anniversaire

le bébé dans la paume
de l’homme »

« des chapelets défaits
comme colliers
perles disparues
dans les interstices

un dernier joint
à la grille du refuge
ils font cercle émaciés
mâchouillent racines et baies
un moineau se prend dans la tignasse
d’une femme

et se met à rire

mystère à l’enfant seul visible »

© Photo, texte du billet,
    sauf les extraits du poète,
    Denis Morin, 2019

samedi 13 juillet 2019

Planètes de Mario Cyr




Il est nettement plus facile de commenter un roman. On se laisse porter par les anecdotes sur la vie de l’écrivain, le style, l’histoire, mais pour les nouvelles et la poésie, on plonge vers l’essentiel. Pas d’artifices ou si peu…

Mario Cyr, romancier, poète et blogueur, connaît une impressionnante feuille de route avec près d’une vingtaine de titres. Cette fois-ci, il publiait en 2018 le recueil de nouvelles Planètes dans la collection Sauvage chez Annika Parance Éditeur.

L’auteur jette un regard doux-amer sur son époque en une série de nouvelles très brèves. Aucun mot n’est de trop. Les descriptions sont précises. On dirait presque des photos, des portraits exécutés par un photographe de rue, à la manière de Vivian Maier (1926-2009) dont l’objectif captura des scènes de vie à New-York et à Chicago. Il arrive parfois que la vie reprenne ses droits comme deux grands gaillards qui se bousculent et roulent dans l’herbe au cimetière comme le feraient les enfants, malgré le sommeil des morts sous la terre.

Extraits :

Sisyphe : « Un matin, un bac démoli, saccagé, ça ne l’impressionne pas, ne le froisse pas, il saisit son marteau, récupère ce qui est encore bon, pour en faire un autre, c’est tout. »

Folk : « La musique attire deux jeunes voisins, ils viennent d’emménager, il a des dreads blondes, un bongo, elle, des piercings, un harmonica, de petits seins libres sous la camisole, à leur arrivée, l’enfant-lune se redresse à moitié et retombe au fond du hamac, comblé, aux anges, chaque seconde est une joie. »

© Photo, texte du billet,
    sauf les extraits de Mario Cyr,
    Denis Morin, 2019