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samedi 10 novembre 2018

L'Hermione, ma liberté de Serge Dérès


Quelques mois plus tôt, je vous ai parlé du roman Le rêve bleu de Serge Dérès. Nous étions alors en pleine Seconde Guerre mondiale avec des jeunes dont la vie serait chamboulée par l'Histoire.  J'aime beaucoup ce premier roman.  Me voici de retour cette fois-ci avec L'Hermione, ma liberté du même écrivain.  

La thème de la liberté revient comme un leitmotiv.  J'y adhère.  Qu'est-ce qu'un être humain s'il n'est pas libre ?  Dans ce cas-ci, Serge Dérès, ancien instituteur, nous brosse le portrait d'un jeune laboureur, le doux et vaillant Jean Ferru (vivant avec sa famille dans le sud des Deux-Sèvres, à l'ouest de la France) envoyé au bagne sous prétexte de braconnage, mais en fait parce que protestant.  Nous sommes en plein XVIIIe siècle où les catholiques cherchent noise aux protestants.

En bon fils de paysan, Jean apprit les labours, les semailles, les récoltes, le rythme des saisons, sans oublier comment manier la hache tout aussi habilement que son père.

Je vous livre un fragment du roman :
« Sans demander notre avis, le maître charpentier désigna dix bonshommes qui n'étaient pas forcément volontaires ou aptes au travail demandé. Peu lui importait, il avait fournit son contingent.  La calfat à son tour, réclama une dizaine de bagnards et le chaudronnier fit de même, pour ne pas être en reste.  C'est ainsi que je fus appelé pour la première fois à travailler sur un bateau.
« J'empoignai la hache sans appréhension. Elle m'était si familière dans un passé récent, qu'oubliant l'endroit où je me trouvais, les compagnons de misère et le maître charpentier, j'étais à cet instant dans les bois de Malinaud avec mon père.  Ses conseils avisés résonnaient dans ma tête... »

Retenons de Serge Dérès l'amour pour sa région d'origine, l'affection portée à l'égard de ses personnages, sa plume agile.  Bref, un auteur à découvrir et à suivre. J'attends déjà le troisième roman.


© Photo, texte sauf l’extrait, Denis Morin, 2018

dimanche 12 août 2018

Le rêve bleu de Serge Dérès



Serge Dérès et moi, nous sommes des potes de Twitter.  Nous nous suivons depuis un certain temps.  J’apprécie la gentillesse et le savoir de ce professeur à la retraité né en 1947, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en Charente-Maritime.

C’est justement dans les Deux-Sèvres et en Charente-Inférieure que le romancier nous mène en 1941-1943 pour nous présenter Germaine, la tenancière d’un café-tabac, le pasteur Jospin qui sauve des Juifs, Julien le doux instituteur du village qui est amoureux de Solange, une jeune juive allemande réfugiée dans ce coin tranquille de la France. Ces deux-là deviennent résistants, tandis qu’Alfred, le trouble-fête des environs s’enrôle dans la milice.

Le rêve bleu, roman paru en 2016 chez Edilivre, correspond à l’enfance et à l’adolescence que la guerre nous vole avec cette perte des illusions, à ces destinées chamboulées, aux morts que l’on pleure, aux départs sur le quai d’une gare pour les combats ou pour un camp, au souhait d’un lendemain meilleur, si on peut se tenir jusqu’à l’aube, si le destin nous laisse filer par-delà les contrôles routiers et nous épargne les griffes de la Gestapo.

Je reste fasciné par la couverture magnifique de ce fascinant roman comme une troublante leçon d’histoire régionale.  D’ailleurs, je soupçonne l’auteur d’être apparenté avec certains de ces personnages attachants.  Je vous invite à entrer à votre tour dans cette nuit bleue.  Ce roman fut une agréable surprise.  À lire !

© texte et photo, Denis Morin, 2018