dimanche 26 avril 2026

Cette mort qui n'était pas la leur de Marie-Célie Agnant

 

Marie-Célie Agnant est une femme de lettres québécoise d’origine haïtienne. Poète, nouvelliste, romancière, elle vient de faire publier Cette mort qui n’était pas la leur aux Éditions de la Pleine Lune.

Dans ce récit, on y rencontre Mona, une étudiante, qui se lit d’amitié avec Zofia, la mère de Robert Dziekanski, décédé le 14 octobre 2007 à l’aéroport de Vancouver après avoir reçu des décharges de pistolet électrique par des membres de la GRC. 

Zofia se voit brisée par cette fin impardonnable. La tragédie ouvre les vannes et permet à Mona de réfléchir aux guerres, à l’esclavage, au racisme, aux inégalités sociales, aux abuseurs et à toutes ces victimes de la grande Histoire d’ici et d’ailleurs.

Mona remplit les pages d’un cahier décrivant son amitié avec Zofia, puis note ses observations sur les enjeux de la décolonisation de notre pensée. S’ajoutent ensuite des analyses et des constats à propos de toutes ces morts imposées injustement par les autres à des individus qui auraient pu avoir une destinée et que l’on déshumanise pour mieux les exploiter, puis les tuer brutalement ou à petit feu.

Bravo à l’autrice pour ce plaidoyer audacieux si lucide et si pertinent. À lire si vous avez une conscience sociale ou si vous souhaitez la développer. Vraiment, c’est un livre coup de poing.

Extraits :

« Je dirai comme toi : il faut se libérer de toute fragilité identitaire pour devenir soi-même et être humain à part entière. »

« Comment demeurer honnête face à la vie s’il nous faut taire tous ces crimes ? Fermer les yeux devant l’horreur sans cesse renouvelée de la condition humaine ? Nous vivons dans des sociétés éreintées, complètement brisées. Il nous faut écrire, car la prochaine bataille ne peut être que celle des idées et de la clarté. »