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dimanche 5 avril 2020

L'Infini Temps et Tous les Ciels de Ghislaine LaVoie


Ghislaine Lavoie ou LaVoie, c’est d’abord et avant tout Ghislaine LaVoix que j’entends lorsque je lis sa poésie intimiste, son regard porté sur sa vie, les saisons, son époux, les générations, le fleuve Saint-Laurent. En fine observatrice, elle voit tout, elle ressent tout et elle décrit finement son environnement et son monde intérieur. Elle est une eau limpide qui roucoule comme ruisseau au matin de Pâques.

En 2019, elle a fait paraître deux recueils de poésie L’Infini Temps et Tous les Ciels qui recèlent des réflexions inspirées et inspirantes sur le temps qui passe et sur les ciels, en fonction des états d’âme. Elle ne cherche pas à épater la galerie par de savantes arabesques littéraires, mais juste à être qui elle est, une femme de cœur. J’ai perçu son admiration pour Félix Leclerc et Gilles Vigneault au travers de certaines images comme doux clins d’œil faits à ces deux pionniers de la culture française en Amérique et chantres de la francophonie.

Vous pouvez la contacter via Facebook, si vous souhaitez vous procurer ces deux livres.

Extraits :

« La verdeur naît chaud en mes rimes lisses, dans les paysages dont je m’habille, dans les herbes à genoux que cent mains de vent soulèvent. Si je regarde mieux, le monde est rempli d’oiseaux détachés qui s’en vont réchauffer un ailleurs. Mais je reste inclinée sur la page et les nids recommencent, puis je ne gis plus au pied des mots, syllabes en cendres dispersées. Puis je m’accorde racines. »

« Ma plus sage maison
Est celle que j’habite
Tout au-dedans de moi
Sans peur et sans limite
À l’écho de ma voix
Toute ma vie s’y passe et ma respiration
Se trouve en ce lieu-là. »

© Photo, texte du billet, sauf les extraits de la poète,
    Denis Morin, 2020

dimanche 30 juin 2019

Charly, mon père de Diane Boudreau


Diane Boudreau, pédagogue, peintre et poète, nous livre par ce récit biographique publié en 2018 un pan de son histoire familiale. Charly, mon père nous raconte avec délicatesse et respect le parcours de ce taiseux qui se voyait ingénieur, mais qui fut fonctionnaire et de sa famille. On apprend peu à peu à connaître cet homme aimé tant par ses enfants que par ses neveux et nièces.

Diane s’est longtemps perçue comme étant la déception de son père, car n’ayant pas le don des mathématiques comme les autres de sa fratrie.

Permettez-moi de souligner qu’à travers les lignes et les mains posées sur l’épaule de sa fille quand elle dessinait, j’y ai plutôt perçu l’étonnement et la joie contenue d’un père qui comprit que sa fille ferait sa vie autrement en la dessinant, en la créant à sa guise. L’enseignement sera son gagne-pain, puis la poésie et la peinture seront ses moyens d’expression. Il dira plus tard à juste titre à un cousin : « J’ai une fille écrivain. Celle-là, elle s’émerveille ».

Diane aura surtout hérité de l’intuition du père et de la solitude, ce besoin d’être baignée dans le silence. Ce tempérament méditatif la prédispose tout naturellement à l'écriture et à la peinture.

Somme toute, c’est de la belle littérature composée avec l’intelligence du cœur et de l’esprit. Pour ceux et celles qui souhaitent se procurer ce bel hommage, vous pouvez lui écrire tout simplement à diane_boudreau@videotron.ca .

Extrait :

« Magnifiquement chantés par Félix et Vigneault, ces gens de mon pays me fascinaient par leur beauté, leur vérité, leur bonheur contagieux. Je les reconnaissais. À force d’en parler avec élan et conviction, voilà que je leur ressemblais… Je me sentais des leurs. Et ce jour-là, pour la première fois, papa a pris ma main dans les siennes, l’a tenue doucement, juste avant que je quitte, sans prononcer un mot. Il avait l’âme en paix. Était-ce à cause de cette parcelle de lumineux qu’il percevait enfin chez la deuxième de ses filles ? »

© Photo, texte,
    sauf l’extrait de l’autrice,

    Denis Morin, 2019

lundi 10 décembre 2018

Le chemin montant de Gilles Vigneault



Au Québec, il y eut des pionniers en chanson et dans les arts en général : Félix Leclerc, Gilles Vigneault chez les hommes; Emma Albani (née Marie-Emma Lajeunesse), cantatrice, et Mary Travers dite ''La Bolduc'' qui dépeignit la condition ouvrière.

D'ailleurs, c'est en parlant avec le troubadour de l'île d'Orléans après un tour de chant que celui-ci suggéra au jeune poète Vigneault de se faire confiance et de chanter lui-même son propre matériel.  Même si de grands interprètes tels que Monique Leyrac, Pauline Julien, Fabienne Thibeault, Michel Rivard livrèrent sur scène et sur disque d'honorables prestations, il n'en demeure pas moins que  Gilles Vigneault avait appris plus tôt à voler de ses propres ailes.

En 2018, notre nonagénaire bien-aimé nous revient chez Boréal avec Le chemin montant, un journal intime où il glisse des poèmes écrits à différentes époques.  Il donne par exemple un poème à son petit-fils qui, à son tour, lui dessine un oiseau.  Il s'émerveille du temps du passe, du cycle des saisons. Il s'interroge sur son vieillissement et sur la mort qui l'attend sournoise à l'orée du bois. Au premier segment de textes s'ajoute une section sur les arbres où eux-mêmes prennent la parole en vers ou en prose.

Somme toute, Gilles Vigneault écrit, chante et raconte depuis si longtemps qu'il se fond dans l'ADN de ce coin d'Amérique du Nord.  À lire évidemment. 

Extraits :

« La poésie me semble
Essentielle à l'âme
Comme l'eau l'est au corps
Je dirais même d'elle :
C'est l'eau de l'au-delà. »

« En forêt,
Le silence,
C'est du
Savoir-vivre !
Ce qui laisse
Enfin, la
parole
aux arbres. »

« Avec des mots d'amour
D'eau, de fer et de soie
Et parler sans détour
De la vie, de la mort
De la mer et du jour
Et de l'éternité.
Je vois toute en blanc
Et nous prenons le thé... »

« Le vent n'est pas plus le capitaine que la mer n'est le voyage. »


© Photo, texte du billet, sauf les extraits,
    Denis Morin, 2018