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mardi 20 juillet 2021

Traduire les lieux, origines de Nancy R. Lange

 

Nancy R. Lange est une poète québécoise et une animatrice culturelle intéressée par l’histoire et l’environnement. Elle vit à Laval, juste au nord de Montréal.

En 2021, elle fait paraître aux Éditions de La Grenouillère le très beau recueil Traduire les lieux, origines. Les textes en prose et en poésie sont accompagnés par les photographies couleur et noir et blanc de Robert Etcheverry. Une version ePub sonore (narration et musique) est aussi disponible.

Ce livre en est un constitué de confidences personnelles sur son parcours créatif, d’anecdotes familiales, de références très précises quant au passé des anciens quartiers Sainte-Rose-de-Lima et Saint-Martin à Laval. Des personnages tels que le peintre Marc-Aurèle Fortin et Louis-Joseph Papineau, chef de la Rébellion des Patriotes de 1837, ont vécu justement à Sainte-Rose.

Ça se savoure lentement comme un repas pris avec une cousine qui vous raconterait les temps d’avant, les événements liés à la famille et au voisinage, la nature ambiante, le vécu des anciens occupants de maisons. Derrière elle, s’y dissimule le sourire d’une grand-mère accueillante, les jeux des petits, les villégiateurs qui ramaient dans les chaloupes Verchères, le battement d’ailes d’oiseaux migrateurs. 

Bref, Nancy R. Lange sait captiver hors de tout doute avec ses histoires et avec l’Histoire. À découvrir.

Extraits :

« Prendre la route vers l’aval, traquer la source, le lieu des premiers remous majeurs. Je ne me souviens pas d’avoir appris à lire ou à écrire. Il me semble que l’écriture a toujours été là, comme l’air en mes poumons, le sol fait pour y courir. »

« suivre la ligne

se laisser ravir

détaché de terre

épousant la courante sève

jusqu’à se couler

en la timidité des cimes »

 

© Photo, texte du billet, sauf les extraits de N. R. Lange, Denis Morin, 2021


lundi 8 février 2021

Sortie 182 pour Trois-Rivières de Michel Lord

 

Michel Lord, originaire du Cap-de-la-Madeleine au Québec, cru bon de rédiger ses souvenirs. Le fruit de ses réflexions a donné Sortie 182 pour Trois-Rivières paru en 2020 aux Éditions de La Grenouillère.

L’auteur né en 1949 expose en de courts chapitres les étapes de sa vie personnelle qui l’ont mené de son milieu modeste au doctorat en littérature québécoise. Il fut aussi pendant 40 ans critique littéraire à la revue Lettres québécoises, en plus d’être professeur émérite à l’Université de Toronto. Il est membre du collectif de XYZ, revue spécialisée dans la nouvelle. Il est aujourd’hui directeur adjoint de la revue University of Toronto Quarterly dont il supervise l’édition en langue française.

Le plus intéressant dans cette biographie repose sur des moments de tendresse auprès d’amis, de ses chats et d’être aimés disparus, le plus souvent tragiquement, comme si une fatalité s’était abattue sur les membres de son entourage. Par les scènes de vie présentées, c’est aussi le Québec que l’on voit émerger de la Grande Noirceur pour s’épanouir dans la modernité.

Certains passages possèdent la grâce de Pieds nus dans l’aube de Félix Leclerc. Je referme ce livre ravi. 

Extraits :

« Quand ils (les constructeurs d’autoroute) ont commencé à culbuter la terre paternelle, j’ai pleuré le saule déraciné, planté quand j’étais encore écolier. Pleuré aussi le pommier qu’on se disputait sous la clôture pour savoir qu’il serait du côté des Drolet ou de chez nous. Peine perdue… Lui aussi a disparu avec le reste. Le temps balaie mon passé. La mémoire en garde des lambeaux. »

« Un jour, Alphonsine est partie vivre avec une parente à Grand-Mère. Sans nous abandonner complètement, car elle se mit à m’écrire. Ce que je chéris le plus d’elle ce sont ces lettres que j’ai reçues à partir de ce jour où elle dut nous quitter. Ses lettres sont perdues dans mes archives. Si je les retrouve, j’en fais un roman. »

© Photo, billet, sauf les extraits de l’auteur, Denis Morin, 2021