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mardi 16 avril 2019

Elle de Martine Roffinella





Un corpus littéraire, ça se débute habituellement par des poèmes écrits à l’adolescence, puis par un roman publié ou non. En 1988, Martine Roffinella publia son roman Elle aux Éditions Phébus. Lors d’une émission de la mythique émission Apostrophes de Bernard Pivot, ce dernier l’encensa, soufflé par la force du livre.

Comme vous pouvez le constater, je découvre des livres en différé, ce qui ne me dérange pas le moins du monde.

Ce roman fut si apprécié qu’il fut réédité en 1999 par la même maison. La photo du haut vous montre l’édition originale et celle du bas la réédition.

Une étudiante adolescente voit entrer une enseignante pour un cours de français vêtue d’un élégant tailleur rose.  C’est la culture, la lumière, la grâce qui apparaissent à ses yeux. Pendant trois ans, l'étudiante retiendra ses gestes, contiendra ses regards. Mais elle surveillera l'enseignante en bordure du préau, tout près de l’entrée de l’école. L'étudiante voudra des leçons particulières pour mieux comprendre, mieux rédiger. Toutefois, l’enseignante ne sera pas dupe du jeu au bout d'un certain temps.

Ensuite, l’étudiante devenue femme se manifestera, exprimera son désir à l’enseignante menant une vie rangée auprès d’un homme et de leur enfant. L’enseignante tentera de résister…

Peut-on parler d’amour et de désir au même niveau entre deux individus ?  Qui aime le plus ? Qui souffre le plus ? Aimera-t-on sans (se) détruire ? L’une vouvoie pour prendre du recul, alors que l’autre plonge dans cet amour-là tête première.

Martine Roffinella savait déjà avec ce premier roman comment décrire avec brio les tourments du cœur et du corps.  Hugo, Duras, Yourcenar savaient parler de l’amour, mais elle aussi. Roffinella, un must !

Extrait :
« Non, je t’aime, encore plus qu’avant. Un vrai amour qui dure. Comme dans les romans. Avec des pleurs, des rendez-vous manqués, des âmes qui se consument, et toujours un qui aime moins fort que l’autre, qui finit par se lasser de l’amour de l’autre. Elle réplique, je ne me lasse pas de vous. Mais vous m’effrayez avec votre grande passion… »

© Texte du billet,
    sauf extrait de l’écrivaine,
    Denis Morin, 2019

mardi 15 janvier 2019

Lesbian Cougar Story de Martine Roffinella



Martine Roffinella, quelle écrivaine singulière !  J’apprécie son style qui frappe tel un upper cut.  Chacun de ses livres est une surprise.  Elle publie en janvier 2019 aux éditions La Musardine, un roman, voire un récit autobiographique, intitulé Lesbian Cougar Story.  Je croyais que j’allais tomber uniquement dans le roman érotique, mais nenni… Détrompez-vous. 

Tout débute un jour où une jeune psychologue d’un établissement de santé décide d’envoyer un courriel à la romancière, s’invite, puis la première, ayant subi un sleeve (opération gastrique pour faciliter la perte de poids) et redécouvrant un nouveau corps, séduit notre artiste quinquagénaire.

La jeune femme surnommée Lolita, car elle utilise abusivement du Lol (abréviation pratique, pendant anglais de mdr), veut jouir souvent, intensément, à la folie.  Quant à notre narratrice et romancière solitaire, elle veut bien s’envoyer en l’air, mais elle souhaite surtout l’engagement et la stabilité. En contrepartie, Lolita ne parvient pas à exprimer son affection et désigne son amante par m.  Elle lui dit à deux, trois reprises Belle toi sans plus d’émoi. De plus, Lolita passe par le biais de chansons qui jouent pendant les jeux amoureux pour signifier ses attentes. M devine ainsi les messages plus ou moins subtils de son Amazone.

M cherche à connaître les intentions et les sentiments de Lolita qui se défile aussitôt après l’orgasme, se rhabille, lance un mot acerbe qui ressemble à de la violence verbale sur l’âge de m et considère toute amorce de dialogue comme une prise de tête.

Par souci de provocation, m tantôt récite par cœur et tantôt lit des passages d’ouvrages de Yann Andréa et de Marguerite Duras, à propos de leur amour.  La petite garce de Lolita éclate en disant que ce n’est pas son histoire, ni leur histoire, etc. Bref, elle veut revoir m quand cela lui chante, mais m sera-t-elle toujours au rendez-vous ? J’en doute.

Pour ceux et celles qui se demandent qui est Martine Roffinella, je vous répondrai par ceci : femme de lettres française, photographe impressionniste, blogueuse culturelle, invitée de Bernard Pivot (en 1988 pour la parution de son roman Elle paru chez Phébus), aidante naturelle.

Somme toute, voici une femme de lettres audacieuse pleine d’humour et d’amour. À découvrir !

© Photo, texte,  Denis Morin, 2019