Aucun message portant le libellé Mon Petit Éditeur. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Mon Petit Éditeur. Afficher tous les messages

samedi 25 août 2018

Anomalie de Christophe Pelligrini



J’ai vu sur Facebook un auteur-compositeur-interprète lumineux aux mèches blondes du nom de Christophe Pelligrini et je constate que cet artiste a écrit un court roman intitulé Anomalie.  Étant curieux de nature, j’ai commandé le livre.

Mesdames, messieurs, faites vos jeux.  Rien ne va ou si peu pour l’auteur qui nous raconte avec humour et cynisme dans ce livre publié en 2016 chez Mon Petit Éditeur ses déboires existentiels.  C’est savoureux.

Il met en ligne un texte et se fait brutalement critiquer par une lectrice frustrée.

Au deuxième chapitre, il est maintenant en couple.  Sa conjointe accouche d’un fils qui n’est pas de lui, né trisomique, mais qu’il se considère comme le sien.  L’enfant meurt au bout d'un certain temps.  Puis au fil des ans, elle devient insupportable au point de tenter de l’empoisonner.

Dernier chapitre, il lui fait une gamine pour sauver le couple, mais que la mère veut juste pour elle.  Le tout se termine avec le narrateur, en l'occurrence aussi l'auteur, qui retrouve l’amour et sa gamine qu’il voit en garde partagée.

Fait à noter qu’il a signé en 2012 un court roman intitulé Heurts coupables aux Éditions des tourments.

Vivement un troisième roman un peu plus long cette fois-ci.  À suivre.

© texte et photo, Denis Morin, 2018

La fin du monde d'Hervé Richard




Décidément, quand j’aime un auteur, je le dis ouvertement.  Je ne m’en prive pas.

Je reviens à nouveau à Hervé Richard qui a publié en 2016 le recueil de nouvelles, La fin du monde, chez Mon Petit Éditeur.  Le style est à mi-chemin entre la caresse et la morsure.

La première nouvelle s’intitule Port-Jaguen en Bretagne où les uns cherchent le contrôle sur les autres, « propriété indivise d’une famille divisée ».

Dans Auguste, on fait la connaissance de ce garçon malade, respecté des autres élèves à qui « il lui fallait du calme, pas de lumières vives, pas d’émotions fortes. »

Dans Voici les clefs, l’écrivain tente en vain de sauver un bellâtre de ses addictions à la drague, au sexe et à l’alcool, avant que cela ne devienne pathétique.

Dans La princesse, l’auteur nous décrit la jeune femmes chiante, narcissique, capitaliste, victime de la mode et du consumérisme, qui finit par vivre au crochet de la société.

Dans Liberté, où l’on dépeint un journaliste qui se voit contraint sous peine de sanctions d’écrire un texte sur un concept en moins de 48 heures.  De plus, les mots s’achètent à présent.

Dans La panne, on réfléchit sur les beaux principes d’égalité et de démocratie et la réalité de l’exploitation des uns par les autres. 

Dans Frottement, on cause de l'attirance de l’homme envers la femme.

Dans La mésalliance, l’auteur se confie sur l’admiration vouée à son père et à l’éloignement face à sa mère.

Dans Mille ans après, il parle de son amertume face à la famille. 

D’ailleurs le 12 novembre 2017, je signais un billet concernant le roman Mille ans après publié en 2016 chez Mon Petit Éditeur traitant de cette famille tordue et de la résilience de l’écrivain.

Un écrivain à découvrir sans faute.

© texte et photo, Denis Morin, 2018


dimanche 12 novembre 2017

Mille ans après d'Hervé Richard



Cette chronique concerne le roman Mille ans après d’Hervé Richard, publié en 2016, à St-Denis, en banlieue de Paris, chez Mon Petit Éditeur.

L’auteur est français, vivant en Allemagne.  C’est un traducteur et un auteur chevronné croisé sur Facebook.

Ce présent roman me rappelle le roman Vipère au poing d’Hervé Bazin publié en 1948. Roman sur l’enfance, la maltraitance et sur la résilience.  On a affaire ici à un érudit et à un homme à la plume alerte.  Merci mille fois Monsieur Richard.  Je vous souhaite de récidiver mille et une fois.

Le 4e de couverture donne le ton du roman : « Les enfances, comme les grammaires, s’ouvrent sur le présent, et mon présent à moi n’est pas beau à voir.  La maison, c’est sauve qui peut, Maman hurle, Papa n’est pas là. J’ai l’aspirateur à passer et la vaisselle à faire.  Les coups de ma mère partent, automatiques… »

La mère est infirmière, étudiante en droit, belle figure en société, monstre à la maison.
« Depuis toujours, je n’existe pas.  Ma sœur exprime sa passion pour la danse, mon frère sa passion pour la politique, les questions fussent, admiratives, la danse ? la politique ?, mais que moi je parle de ma passion pour le russe, l’auditoire est ailleurs. » p.12

L’enfant, le narrateur de ce roman se questionne sur ses origines. Son grand-père maternel noyé dans la Seine, puis ce journal russe intitulé Odessa 1905-1912 trouvé dans un placard. Le narrateur enfant confond tout.

Dépression postnatale de la mère à la suite de sa naissance.

Infidélité du père.

L’enfant devenu adolescent se réfugie dans l’étudie et fantasme du tuer sa mère.

« Les grammaires me tiendraient lieu de famille. (…) Ici pas de cris, de coups, pas de sang, une famille fidèle et calme, une histoire retracée et reconstruite. Le contraire de mon histoire. » p. 14

Roman thérapeutique pour l’auteur.

« Les mots tour à tour vengeurs, omniscients, guérisseurs seront investis de tous les pouvoirs, leur juxtaposition constituera un roman insolite… » p. 15

Intérêt pour l’allemand et le russe.

« Timide, craintif, incapable d’aller vers les autres, j’attends des langues qu’elles m’expliquent la communication tout en m’en dispensant… » p. 16

Les langues sont une barrière à son désir de vengeance, de tuer sa mère.

Le jeune adulte enseigne, ambiance et milieu qu’il maîtrise, savoir codifié. À ses retours en France, il se réfugie en bibliothèque pour y lire du Bellay, Péguy, Mauriac.
« L’Écriture n’est pas dénouement, mais dénuement. »

Dans le roman, on y trouve des extraits de grammaire, comme un chassé-croisé entre le passé et le présent, puisque les grammaires et les langues étaient ses planches de salut.
« Les types de phrases, les formes de phrases, ce seront mille et huit manières de dire le mal que j’ai de vous. » p. 29

Séparation des parents, la mère cesse de le frapper, le beau-père est sympathique, plaies non cicatrisées du narrateur.

Le narrateur enseigne à Hambourg, fait l’objet de railleries de la part d’un collègue, puis démissionne, le tout suivi par le suicide d’un cousin.

« Les gens qui vous ont fait du mal préféreront s’écarter de vous plutôt que d’avouer leurs erreurs. » p. 32

Livres de russe et de chinois donnés par son père.

« Je n’ai pas parlé de mon père. Je n’ai fait que parler de moi à travers lui…  C’est au travers d’autres personnes que j’ai appris le peu que je sais de lui. » p. 36

Chargé de cours dans un autre lycée.

Sortie d’un livre signé par lui sur la Première Guerre mondiale qui passe inaperçu auprès de la famille immédiate.

« De cette ombre dans laquelle on me tint hier, je tiens le caractère ombrageux d’aujourd’hui. » p. 54

Début de sclérose en plaques.

« Les grammaires étaient ce dont je disposais de plus efficace pour faire, défaire et refaire le monde. » p. 72

« Reste cette écriture décentrée, kaléidoscopique, répétitive, impression des cris et des coups dans le corps même du texte. » p.73

Entrée comme chargé de cours à l’université.

En 2009, poursuite contre une collègue.

« Ulysse peut croiser mille ans, il ne reverra pas Ithaque. »


« Mille ans ont passé.  Je m’étonne de tant de paix.  Je m’étonne que tant d’être qui m’ont volé tant de choses ne me volent plus rien.  Ils sont là quelque part, mais je ne cherche pas à les rejoindre.  Ils ne savent pas que j’ai gagné, ils ne savent pas mon bonheur, ils ne savent pas ma guérison, ils ne savent pas mon équilibre… » p. 106