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dimanche 18 mars 2018

Comme résonne la vie d'Hélène Dorion



Comme résonne la vie vient de paraître à Paris, en mars 2018, aux Éditions Bruno Doucey.

Comment lire ce recueil de poésie ?  On laisse la raison au vestiaire, on se laisse guider par l’intuition et l’émotion.  C’est une brise qui souffle dans les feuilles, puis ça se transforme en un vent qui gonfle les voiles du bateau... On navigue vers un estuaire et une mer au creux de soi-même.  C’est un silence porteur à la fois de tourmente et d’accalmie.  Les images vont et viennent tels ces nuages qui glissent sur l’azur et redessinent le ciel, mouvantes aquarelles.

Ses mots oscillent entre une promenade en solitaire face à l’immensité et une plongée soudaine dans les rues de la modernité.

« Chutes et ascensions, ces histoires entrelacées
qu’on appelle nos amours »

Elle décrit les maladresses, les envies de découverte et les vagues en retrait, le temps de mieux relire son histoire, sa trame de vie.

« Serais-tu soudain dans une lourde forêt
que secouent les vents
ou sur la face cachée des mots... »

La poétesse trace des itinéraires entre les souvenirs du passé, l’intensité du présent et le futur en marge sur cette grande page nommée le temps.

« Quelle histoire remue
à l’intérieur, quel fil ténu nous relie
les uns aux autres, nous retient
tout en haut de cette falaise qu’est le cœur ? »

La plume d’Hélène Dorion ne nous donne aucunement le vertige, mais au contraire elle soulève la tête du lecteur pour mieux voir l’horizon et lui permettre de s’envoler.


© texte et photo, Denis Morin, 2018

samedi 17 février 2018

Dans la poigne du vent de François-Xavier Maigre


Les réseaux sociaux ne servent pas qu’à mettre en ligne les vidéos de votre chat en train de commettre des bêtises, on peut aussi y croiser des éditeurs et des écrivains qui passent souvent presqu’inaperçus. 

Pourtant, mon iris a été capté par la crinière gris acier de l’éditeur Bruneau Doucey sur Twitter, puis je me suis risqué à naviguer sur le site de sa maison pour tomber sur le présent titre publié en 2012.  Aussitôt vu, aussitôt commandé à ma librairie.

Au quotidien, le poète travaille à titre de rédacteur en chef du magazine français Panorama.

Mais revenons à son recueil qui se divise en trois segments :
Je creuse à paumes nues
L’enfance des paysages
Et nos pas sans mémoire

Le poète-narrateur marche, attend le train, traverse les villages anciens et décrit les paysages en touches impressionnistes comme autant de souvenirs et d’états d’âme. Son enfance défile ; sa mère repose en filigrane derrière certains vers.

Il y évoque pudiquement la rencontre amoureuse :
« Je titubais
dans l’œil de ma tempête
quand j’eus vent de ton regard. »

Puis, quelques pages plus tard, il nous présente sa gamine :
« Que veux-tu
je tiens debout par habitude
mes pas sont usés
les tiens
sont des promesses. »

Je termine ce billet par les vers qui ouvrent le recueil et me laissent pantois.
« Au commencement
l’anthologie du monde
l’orfèvrerie de la terre
attendait d’être ciselée
et moi
de te connaître. »

Devant ce style limpide comme une eau de source, lumineux comme un ciel de mai, je ne peux dire au poète que merci et chapeau bas !