Ce recueil de poésie est paru, à
Lévis, aux Éditions de la Francophonie, en 2017.
L’auteur est âgé de 25 ans et
travaille à titre d’intervenant en santé mentale à Montréal. Il croit dans l’engagement social.
Voyez le héron qui nous toise et qui semble pris dans une mare de pétrole. S'agit-il d'une métaphore au sujet du citoyen contemporain ? C'est possible et plausible.
Je me permets de placer au centre
de ce billet des citations illustrant la pensée du poète comme celle-ci.
« La liberté d’expression
Devant elle, tous en
pâmoison
Quelle tonitruante
déception,
Qu’elle vienne sans
obligation. »
Dans cette première parution,
Marc-Antoine Leblanc manie habilement la langue de Vigneault et de Miron. J’ai retrouvé sous sa plume une ferveur
politique qui me rappelait le Québec des années 1970.
« Les poètes sont les
paratonnerres de
l’amère colère,
D’un peuple foudroyé
par son analphabète
éducation. »
En fait, il dénonce les citoyens
amorphes qui se taisent et qui ont renoncé à leurs rêves. Il veut une langue française forte et fière,
déjouant les pièges de l’assimilation et d’une culture médiatique à l’heure des
téléréalités. Il se méfie de notre
modernisme performant et du consumérisme dans nos Babylone de béton, d’inox et
de silicone.
« Ma langue
dégoupille
Les patates chaudes
Du politiquement
correct
Du socialement
incorrect
Du vide intellect
Que l’on taillade
lâchement
Sans éplucher la peau.
»
Selon lui, l’apathie des gens et
le vide médiatique contribuent à l’asservissement des populations par les
puissants de ce monde.
Ce recueil comporte aussi des moments
tendres et sensuels, à mi-chemin entre félicité et tourment amoureux.
Je souhaite à ce jeune poète de
conserver des années durant son amour de la langue française, des autres et de
la vie. Voici un jeune poète à l’aube d’un
beau parcours littéraire. À suivre…
© texte et photo, Denis Morin, 2018
