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vendredi 3 août 2018

Pleurer ne sauvera pas les étoiles de François Guerrette





Voici un autre superbe recueil du poète québécois François Guerrette intitulé Pleurer ne sauvera pas les étoiles paru en 2014, à Montréal, aux Éditions Poètes de Brousse.

On marche dans cet ouvrage dans la nuit à tâtons, guidé uniquement par la blancheur de la lune et le miroitement des étoiles.  L’intuition en fait nous mène par les sentes et les chemins de traverse.

Des photos d’archives familiales ou régionales en noir et blanc nous montrent des gens d’une autre époque où les jours coulaient si paisiblement dans un moule normatif rassurant.

En contrepartie, le poète tient un discours alarmiste, sombre, comme s’il attendait une fatalité personnelle et collective à laquelle on ne pouvait échapper.  Se résout-il à son sort ?

« Prononcer des mots qui percent les murs
me redonne la force de croire
que je ne suis jamais seul. »

« Accusez-moi d’avoir volé
à la foudre un peu de lumière
pour la rendre aux fous. »

« Aujourd’hui je rôde en colère comme un ange autour de la fin du monde. 
Je ne sais plus ce que je cherche, ni si je veux le trouver. 
J’apprends de nouveaux mots quand le tonnerre fait avorter les oiseaux. »

Ce poète est une fascinante bête dont je veux continuer à suivre les pistes dans la neige tant que les flocons virevolteront et tomberont sur le sol…

© texte et photo, Denis Morin, 2018

mercredi 1 août 2018

Constellation des grands brûlés de François Guerrette




L’autre jour, je parcours sur le site de Radio-Canada l’article concernant les cinq finalistes du Concours de poésie 2018.  Je tombe alors sur François Guerrette, ce jeune poète.  Nous avons trois points en commun : le Bas Saint-Laurent (région d’origine commune), la poésie (il en manque puisqu’il écrit au quotidien) et les cheveux (tignasse d’un noir jais dans son cas et absence dans mon cas). 

Allons voir ce qu'il nous propose.  Paru en 2017, le recueil Constellation des grands brûlés est son cinquième titre aux Éditions Poètes de brousse, à Montréal.  « Ça sent l’Apocalypse », me suis-je dit en feuilletant le livre, au moment où le métro Azur arrivait à la station de métro Henri-Bourassa.  Je ne m’étais pas trompé.  L’amour dépeint entre ces pages relèvent du sado-maso.  On mord les mots qui émanent et on reçoit une gifle parfois pour nous sortir de la torpeur du lecteur avachi trop longtemps dans un fauteuil.

Les extraits ci-dessous vous permettront de mieux goûter ces vers qui vous laissent un dépôt acidulé aux lèvres…
« Laisse ta colère éclore, je récolterai
les cerfs-volants sauvés par la foudre. »

« Dans deux mille ans je n’aurai pas fini de raconter
comment nous sommes devenus fous
figurants qui contemplent
trop longtemps les étoiles. »

« Notre cellule sans murs
a besoin de séismes
chaque secousse écourte
nos peines d’emprisonnement. »

Courez donc chez votre librairie, si les électro-chocs poétiques ne vous font pas peur.  Un poète à suivre.


© texte et photo, Denis Morin, 2018