À notre époque anxiogène à
souhait, l’écrivain Alexandre Jardin nous propose un roman exaltant qui prend
des allures de conte philosophique intitulé La femme qui inventa l’amour
aux Éditions Michel Lafon.
Une princesse du Qinghai
himalayen au 13e siècle avant J.-C. défie les traditions séculaires
en semant de l’amour et de la solidarité autour d’elle.
Elle se choisit comme amoureux le
valeureux Cheng. Elle nargue son demi-frère Kong, le prétendant au trône, à l’heure
où le roi se meurt et où elle devrait être exécutée comme bien d’autres femmes
de l’entourage du souverain. Elle encourage le peuple à ne plus porter le hanfu,
la tenue d’un gris terne imposée depuis toujours. Toutefois, derrière les
paravents, une servante l’espionne faits et gestes.
De loin, l’empereur Di Xin Jie de
la dynastie des Shang se méfie de Xi du monde des Réveillés qui a inventé un
kanji, soit un idéogramme, pour nommer l’amour. Progressivement, des paysans
aux marchands, on s’appropriera ce symbole qui sera reproduit jusque sur le
cerf-volant des enfants.
L’écriture d'Alexandre Jardin se fait douce, chargée
d’images et de paysages, voire cinématographique. Xi et Cheng vivent leur passion
sous notre regard de lecteur. On voltige avec les oiseaux-jardiniers dans les
minuscules jardins et on s’envole vers les contreforts et les plus hauts
sommets de l’Himalaya.
Que l’amour de la princesse Xi soit
!
Extraits :
« Xi se sent apaisée en sa présence, comme si cet équilibre
était un simple hasard. Elle voudrait que le sourire de Cheng lui soit
indifférent, mais son cœur s’accroche déjà à cette lumière. »
« L’amour fou ne se contente pas de ravir l’esprit, il change l’essence
de celui qui aime. L’Amour, lorsqu’il est vrai, nous fait oublier ce que nous
étions avant d’aimer. »
« Cheng et Xi
sentent en cet instant que leur poésie se nourrit de la pleine poésie du monde.
Plus jamais ils n’en accepteront la prose monotone. »

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