Sylvain Turner, poète, romancier, traducteur, animateur radio, ne fait rien à moitié.
Si la poésie est souvent chargée de fulgurances créatrices et ressemble à une sorte de sprint porté par le regard sur la vie, les gens et les événements, il en va tout autrement du roman qui est plus de l’ordre du marathon avec des remises en question et de fréquents remaniements de texte.
Après de longues matinées passées dans son café habituel à glisser sa plume-fontaine sur le papier, notre romancier a fait paraître Maudit refuge aux Éditions Mains libres.
Ce nouvel opus dans un même esprit que le polar précédent, soit En mémoire des filles. Montréal défile nos yeux. Le Refuge Sainte-Madeleine du présent roman n’est pas sans rappeler le Cap Saint-Barnabé dans Hochelaga-Maisonneuve qui a suscité de multiples interrogations de la part de citoyens ces dernières années.
En artiste empathique, notre auteur compose brillamment avec le
quotidien et les enjeux sociaux. Il nous fait réfléchir sur notre perception à
l’égard des sans-abri. Nous bénéficions en plus d’une enquête palpitante menée
par l’inspectrice Clark, son collègue Prophète et le blogueur d’affaires judiciaires
Luneau. Au cours de la lecture, on se questionne sur qui peut bien servir des pilules
qui foudroient plus vite les victimes que ne le fait une dose de fentanyl.
Pardonnez-moi mon jeu de mots, mais Sylvain Turner sait comment écrire des pages-turner.

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