mardi 18 janvier 2022

La vieille maison de Louise Simard

 

Louise Simard, originaire de Mont-Laurier dans les Hautes-Laurentides, est une prolifique romancière pour les grands et une autrice de littérature jeunesse. Elle vit maintenant en Estrie, fascinée par les oiseaux et la photographie. La littérature occupe toujours une place importante dans sa vie. Par conséquent, elle nous a offert en 2021 La vieille maison, roman publié aux Éditions Goélette.

Jérémie, un homme d’âge mur rachète une vieille maison délabrée à l’incompréhension de sa conjointe Marie et de son petit-fils Raphaël, adolescent. L’immeuble en pleine campagne est situé près de champs et d’un boisé chargé de souvenirs anciens qu’il ne souhaite pas extirper d’un long sommeil. Par sa curiosité, Raphaël bousculera le cours des choses. Il voudra comprendre…

Marie et Raphaël constatent que cette maison agit chez Jérémie à la manière d’une madeleine de Proust. Ce nid est la demeure familiale où Jacques et Mireille ont vu grandir Jérémie, puis Rosalie dont la vie bascula à ses 13 ans, à la suite du décès accidentel de sa mère. 

Le livre est porté par un regard contemplatif et poétique à propos des gens qui nous quittent tragiquement ou qu’un mal de vivre ronge de l’intérieur.

Peut-on apprendre à faire la paix avec le passé pour mieux vivre son présent ? Sommes-nous obligés à porter toujours la fatalité pour l’autre, même si cette autre est notre fille bien-aimée ? Est-il possible de mettre l’accent sur les jours heureux pour les voir renaître dans le regard amusé de son petit-fils ?

Louise Simard nous rappelle doucement que les lieux sont gardiens de la mémoire des êtres qui y ont vécu. Ça, vous l'avez déjà compris. Un roman québécois, à lire évidemment.

Extraits :

« Les garçons voulaient me montrer les trois chênes. En m’approchant, j’ai aperçu les noms sur les pierres. (…) Nous avons trouvé ce cahier. Il était dans une boîte en métal, que nous avons laissée là-bas. Je suis désolée. Nous n’aurions pas dû… Cet endroit et cet objet sont sûrement très précieux pour toi. »

« Rassurée par ces rituels, Rosalie oublie la maladie de son grand-père. À vrai dire, les premiers émois passés, tout son être s’est aussitôt engagé dans le déni. Après un court intermède, elle a donc repris sa vie, à la fois routinière et décousue. »

« Pour libérer son immense désarroi, la jeune femme a bercé son fils pendant des heures, et ce geste d’amour et de recueillement l’a peu à peu libérée de ses chaînes. »


© Photo, texte du billet, sauf les extraits de L. Simard, Denis Morin, 2022


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