Juan Joseph Ollu se ballade entre la France et le Québec.
Recherchiste et traducteur, son cœur bat depuis longtemps pour la littérature.
J’eus l’occasion de le croiser à deux reprises lors d’événements culturels. En le
regardant déambuler avec une coupe de rouge à la main, j’entendais Oblivion
d’Astor Piazzolla. Oui, je procède par intuition et association avec les gens.
Je ne m’étais pas trompé…
Une fois la couverture d’Un balcon à Cannes, recueil de
nouvelles paru en 2012 chez Annika Parance Éditeur, j’entrais dans un univers
particulier fait d’humour, de cynisme, de gestes retenus, d’amitié, de
sentiments à fleur de peau, de désir assumé, d’envolées.
Ouvrons le livre. Dans L’affaire de la rose en
chocolat, je suis agacé par une jeune femme blasée, une emmerdeuse de première
classe, cherchant à voler la vedette durant la fête d’un ami. Puis AF2224
où l’écriture de l’écrivain me subjugue avec cet homme qui trompe son copain
mais qui lui revient après un voyage. La dérobade évoque le
questionnement d’une jeune femme qui se compare à ses copines, qui jauge son histoire
d’amour et l’ennui déjà présent si tôt dans sa vie. La lettre nous
montre le trajet d’une homme la nuit dans Paris. Il réfléchit sur les lettres,
l’amour. Il porte en lui le mépris de lui-même et l’espoir. L’appartement,
c’est l’amour qui se lit, se vit et se délie comme un lit défait par trop d’attente,
par trop de non-dits et d’amertume. Un balcon à Cannes est la pièce de choix
du recueil. Il y a une femme qui retrouve un ami de jeunesse endeuillé par un
amoureux. Tendresse, amitié, bienveillance, spleen et sensualité sont au
rendez-vous dans cette dernière nouvelle qui ferait un si beau film.
J’écoute justement le violoncelliste Stjepan Hauser jouer
Oblivion le temps d’écrire ce billet.
Vivement Ollu et vivement Piazzolla.
Extraits :
« Nous étions bien ensemble, bien sûr, mais il ne nous
serait pas venu à l’idée de changer le cours de nos vies. Il n’était pas
question d’amour ou de passion à long terme. Nous avions décidé de rentrer
séparément, afin qu’à Rome même, tout soit fini, et que ce qui s’y était passé
y reste, avec en mémoire des souvenirs secrets et étanches. »
« Au moins, il s’est réfugié dans une vie qui lui
ressemble, faite de légèreté, de réclusion, mais aussi de plaisirs nocturnes,
de littérature. Il s’est offert toutes les apparences du bon pour y couver son
malheur. »
© Photo, texte du billet, sauf les extraits de J. J.
Ollu,
Denis Morin,
2020
Aucun commentaire:
Publier un commentaire