dimanche 30 novembre 2025

Inlandsis de Marie-Pier Poulin

 

Ces derniers soirs furent accompagnés agréablement par la lecture d’Inlandsis de Marie-Pier Poulin, roman paru chez Les Éditions Sémaphore.

Élise Reed-Dupuis naît à Montréal, fille d’une Américaine et d’un Québécois, grandit en Ohio, puis s’installe une fois adulte au Québec. Dès le high school, elle se fera appeler Elyssa Reed. 

Au cours de ses études en géologie, elle fit la connaissance de Frank. Ce couple aura deux enfants ensemble. Quelques années plus tard, Debby leur adolescente rebelle fera passer des nuits blanches à la mère et leur fils Théo sera celui qu’il faudra protéger des frasques de sa sœur, pendant que le mari participera à des congrès de haut niveau.

L’inlandsis est un glacier continental qui glisse souvent vers la mer. Ainsi, il en va d’Elyssa qui s’éloigne peu à peu des siens. Ces derniers temps, Elyssa travaille à titre de bibliothécaire et de rédactrice d’articles scientifiques. Fascinée par l’existence d’une Élise R. Dupuis, son double, géologue et sommité en son domaine, trouvée un soir d’ennui en ligne, sa destinée s'en voit transformée. 

Ce roman si intelligent pose les questions suivantes :

Jusqu’où une femme peut-elle s’effacer de son propre parcours par devoir ?

Est-ce que la charge mentale des femmes peut être évitée afin d’assumer pleinement sans subir les obligations liées aux autres ?

Dans un réalisme magique, a-t-on un double qui évolue en parallèle à notre propre existence ?

Je vous recommande chaleureusement la lecture du roman Débâcles paru antérieurement et d’Inlandsis de Marie-Pier Poulin.

Extrait :

« Tous ces mois de lecture et d’étude, toutes ces heures de travail à apprendre ses textes, à reproduire ses formulations, sa démarche, son allure… Tous ces moments culminaient vers une seule chose, vers ce seul moment. »

 


mercredi 19 novembre 2025

Afin que personne ne puisse nous faire de mal de Pascal Delorme

 

Ah que de surprises dans les boîtes à livres placées çà et là sur nos itinéraires ! Un soir pluvieux rue Fleury à Montréal, ma main déniche un livre que je prends et que je glisse dans un sac avant d’entrer au restaurant. Arrivé à la maison, je le sors de sa cachette, fasciné par le beau visage souriant du jeune homme.

J’ouvre la couverture pour m’imprégner de ce roman unique écrit par Pascal Delorme publié en 2001 chez Stanké. Ce livre est Afin que personne ne puisse nous faire de mal, seul roman de Pascal Delorme. Et quelle surprise ! Et quelle qualité d’écriture qui équivaut à Ce que je sais de toi d’Éric Chacour. Rien de moins. 

Gabriel, étudiant, est amoureux d’Étienne, peintre. Le premier ne songe qu’à parfaire ses connaissances, à dévorer les livres qui lui tombent sous la main et à écrire. Et le deuxième veut parsemer des toiles de ses couleurs et jouir de la vie. Un médecin annonce à Étienne qu’il a contracté le VIH. Sous le choc, le peintre refuse momentanément les soins et se réfugie au Bic chez sa mère austère dans le Bas Saint-Laurent. Assise et grillant ses cigarettes, elle le regarde peindre en silence. Elle parle peu, mais ses rares mots s’ouvrent sur la vie, celle du présent et du futur.

La beauté de ce roman sur l’amour, le désir, la sérodiscordance réside dans la narration effectuée par Gabriel qui tient son journal de l’attente et par quelques extraits de lettres d’Étienne. Les deux hommes se manquent cruellement. Aura-t-on droit à des retrouvailles ou non ? Je ne dévoilerai pas la fin.

À votre place, je réserverais l’exemplaire disponible en prêt à la BAnQ. Vous pouvez aussi le réserver à la bibliothèque publique de votre secteur.

Pour Stanké, de grâce, republiez ce livre.

Pour Pascal Delorme, pourquoi nous priver d’une si belle plume ? Vivement un nouvel opus !